Passer de pratiques de sécurité isolées à un système de gestion des risques intégré est une étape naturelle du développement de la culture de sécurité dans les grandes entreprises industrielles. L'approche axée sur les risques cesse d'être la prérogative exclusive des départements HSE pour devenir une composante fondamentale du contrôle opérationnel. Dans son intervention, Andrey Silantyev (AIM) détaille la mécanique d'intégration du contrôle par barrières dans les processus métier quotidiens et analyse les erreurs typiques survenant aux différentes étapes du cycle PDCA.
L'efficacité du contrôle des risques critiques dépend directement de la manière dont ce processus est perçu sur les sites de production. L'intervenant identifie quatre étapes clés pour mettre en place un contrôle par barrières, chacune comportant ses propres pièges managériaux.
Le système de gestion des risques obéit aux lois classiques de la gestion des processus et doit s'améliorer continuellement selon le cycle de Deming (Plan-Do-Check-Act). L'expérience montre que les étapes de planification et de réalisation (identification des dangers, matrices de risques, programmes cibles) sont bien structurées dans la plupart des entreprises. Cependant, des lacunes systémiques apparaissent aux étapes de contrôle et d'analyse.
Le bloc « Contrôler » exige une approche à plusieurs niveaux. Il est important non seulement de réglementer les actions du contremaître en matière d'évaluation des risques, mais aussi de vérifier systématiquement s'il remplit effectivement ces obligations. Sans support informatique transparent, un tel contrôle est impossible.
Le bloc « Analyser et améliorer » révèle deux zones de croissance critiques pour de nombreuses entreprises. La première est l'audit régulier de l'« intégration » du système de gestion des risques (dans quelle mesure les outils sont réellement utilisés sur le terrain). La seconde est le lien entre l'efficacité de la gestion des risques et le système de motivation du personnel. Si les indicateurs de performance (KPI) liés aux risques ne sont fixés que pour la haute direction et ne sont pas déclinés au niveau des exécutants, le système perd sa stabilité.
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