La production métallurgique est indissociable de risques critiques, parmi lesquels le travail dans des zones à risque gazier occupe une place particulière. Dans les usines à cycle complet, telles qu'Ural Steel, des gaz toxiques et asphyxiants sont présents, notamment le gaz de haut fourneau, qui contient de 30 à 50 % de monoxyde de carbone. Son principal danger réside dans l'absence de couleur et d'odeur, ce qui rend impossible tout contrôle organoleptique. Le directeur HSE d'Ural Steel, Yuri Shastov, explique dans sa présentation pourquoi la fourniture standard de détecteurs de gaz individuels aux travailleurs s'est avérée insuffisante pour garantir la sécurité.
La pratique a montré que même avec un personnel entièrement équipé de détecteurs de gaz, le facteur humain subsiste. Les travailleurs ne quittent pas toujours rapidement la zone lorsque les limites maximales admissibles (LMA) sont dépassées, utilisent parfois des appareils défectueux ou les éteignent complètement. Les rondes préventives des sauveteurs gaziers ne révélaient qu'une infime partie de ces violations — la pointe de l'iceberg. Cela a nécessité de passer de mesures administratives de persuasion à des solutions techniques excluant la possibilité de violations cachées des règles.
Pour minimiser les actions dangereuses, un système de contrôle en ligne basé sur la technologie LoraWAN a été mis en place. L'intervenant examine en détail l'architecture de la solution, qui permet de transmettre les signaux des détecteurs de gaz individuels directement aux salles de contrôle des départements et de la station de sauvetage gazier. Le choix de l'atelier des hauts fourneaux comme site pilote a été motivé par la plus forte concentration de risques liés au gaz de haut fourneau.
Le système surveille non seulement le dépassement des LMA en liant le travailleur à un emplacement spécifique, mais aussi des paramètres critiques supplémentaires. En particulier, le niveau de charge de la batterie de l'appareil et l'immobilité de l'employé sont contrôlés. Cela permet d'identifier rapidement une situation où un travailleur a perdu connaissance ou ne peut pas quitter la zone de danger par lui-même en raison d'une détérioration de son état de santé, ce qui est impossible en utilisant uniquement des détecteurs de gaz fixes.
La mise en œuvre du système s'est heurtée à des obstacles typiques de l'industrie lourde : d'un environnement technique complexe (températures élevées, poussière, abondance de structures métalliques faisant écran) à la résistance des cadres hiérarchiques, qui percevaient le projet comme une charge supplémentaire. La présentation montre comment une défense judicieuse du projet d'investissement, basée sur les statistiques des microtraumatismes et le registre des risques significatifs, a permis d'obtenir un financement et de changer l'attitude de la direction de l'atelier.
Le lancement du système a assuré la transparence de tous les travaux en zone gazeuse en temps réel. Le résultat principal a été la réduction du temps de réponse du service de sauvetage gazier aux incidents, passant de 10-15 à 3-5 minutes. De plus, la prise de conscience par les travailleurs d'un contrôle continu a conduit à une forte diminution du nombre d'actions dangereuses — les cas de travail avec des appareils éteints ont été réduits au minimum.
Explorez la bibliothèque complète des meilleures pratiques de sécurité industrielle
Accéder à la bibliothèque