Cet article propose des outils de gestion permettant de réduire les risques professionnels des travailleurs exposés à des niveaux de bruit élevés.
La pertinence de ce document repose sur une étude de la morbidité réelle des travailleurs comparée aux méthodes prévisionnelles. Au sein de notre entreprise, nous avons réalisé une évaluation des risques pour la santé des employés occupant des postes exposés à des niveaux de bruit élevés. Cette évaluation s'appuie sur les résultats de plusieurs années de suivi des niveaux d'exposition au bruit, issus des données de l'évaluation réglementaire des conditions de travail et des contrôles techniques, ainsi que sur les données de santé des travailleurs.
Dans l'article précédent, nous avons abordé la question de la baisse de précision des méthodes de prévision des risques due à l'imperfection des méthodologies d'évaluation du bruit sur le lieu de travail. Aujourd'hui, nous proposons d'examiner le second facteur influençant la précision de l'étude et, par conséquent, l'efficacité des investissements de l'entreprise dans les mesures de prévention.
Selon le modèle prévisionnel de la norme ISO 1999, des niveaux de bruit élevés peuvent entraîner une perte auditive chez les nouveaux employés en bonne santé (âgés de 20 ans sans exposition préalable au bruit) dès 10 ans d'activité (avec une probabilité de 10 % pour des niveaux allant jusqu'à 95 dB ; 50 à 90 % pour des niveaux entre 95 et 100 dB, respectivement). Cela conduit à une perte d'aptitude professionnelle et nécessite la reconversion du travailleur ou de nouveaux recrutements. Sur les postes de travail avec des niveaux de bruit de 110 dB, une probabilité de surdité apparaît (dans 10 % des cas), ce qui affecte non seulement l'aptitude professionnelle mais aussi la capacité de travail générale.
Au cours de l'étude, des cas de perte auditive importante survenant plus tôt que prévu par les calculs ont attiré notre attention.
Un lien a été établi avec le fait que les employés occupant les professions concernées ont pu être exposés à des niveaux de bruit élevés lors de l'exercice d'autres métiers ou sur d'autres lieux de travail.
C'est pourquoi nous vous proposons d'examiner notre expérience en matière de création d'outils de gestion :
En conclusion, il convient de souligner que les modèles prévisionnels d'évaluation des risques sont des outils pratiques et importants, mais qu'ils fournissent des valeurs indicatives et probabilistes des troubles auditifs attendus. L'utilisation de modèles prévisionnels permet de développer des mesures types qui ne sont pas toujours satisfaisantes en termes d'efficacité. Les outils de gestion que nous proposons permettront de recueillir des données factuelles ciblées, qui seront utilisées pour améliorer l'efficacité de la gestion des risques pour les travailleurs exposés à des niveaux de bruit élevés.