Dans le cadre d'activités de projet, où les délais sont serrés et le niveau d'incertitude élevé, les méthodes traditionnelles de contrôle en matière de sécurité industrielle échouent souvent. Lorsque plusieurs entreprises sous-traitantes avec des niveaux de culture de sécurité différents travaillent simultanément sur un site, le schéma classique « inspecteur - contrevenant » devient inefficace. Dans son intervention, Alexander Podkolzin, responsable des projets régionaux chez Gazpromneft-Geo, analyse la transition des spécialistes internes en santé et sécurité au travail vers un modèle de supervision managériale, où le superviseur agit non seulement comme contrôleur, mais aussi comme assistant, ajustant les processus directement sur le site.
L'intervenant montre, à travers l'exemple de son entreprise, les difficultés rencontrées par le bureau lors de la gestion de sites éloignés. Auparavant, le flux de tâches et de problèmes allait du site vers l'appareil central, où la prise de décisions opérationnelles était entravée par l'absence de contexte complet. L'implication de superviseurs ordinaires ne résolvait pas le problème : l'information arrivait de manière unilatérale, et aucune synergie ne se créait entre les fonctions de production et le service de sécurité.
La solution a été de modifier la structure d'interaction. Des mini-équipes ont été formées au niveau du site et du projet, et les postes de chef de projet et de chef de site ont été introduits. Du côté HSE, le poste de chef de groupe pour la sécurité industrielle a été créé. Cela a permis de déplacer le centre de prise de décisions opérationnelles sur le site même, réduisant ainsi la charge sur le bureau et augmentant la vitesse de réaction aux incidents.
La spécificité des projets d'exploration géologique dicte ses propres conditions : les projets peuvent durer de 6 à 12 mois, et les volumes de travail sont instables. Dans de telles conditions, le maintien d'un personnel de terrain important devient économiquement non viable, surtout en période de baisse d'activité (comme ce fut le cas en 2020).
L'intervention examine en détail le processus de choix de la stratégie de recrutement du personnel. L'entreprise a analysé quatre options :
Le passage au nouveau modèle a nécessité une modification du profil de compétences. Si auparavant le superviseur identifiait principalement les infractions et rédigeait des rapports, le chef de groupe en sécurité industrielle a assumé des tâches plus larges :
Cette approche a donné des résultats mesurables : l'identification d'actions et de conditions dangereuses a augmenté de 53 %, et la réalisation du plan d'exercices d'entraînement a dépassé les attentes (59 au lieu de 37). Le taux de sécurité global sur le projet pilote est passé de 68 % à 92 %.
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