Bonjour ! Je m'appelle Roman Portnyagin.
Je suis conscient que, compte tenu du temps imparti, je n'ai pas pu aborder l'intégralité du programme de l'« Atelier DOR » dont nous avons parlé lors du webinaire !
Et vos retours — « Que voulait montrer Roman exactement ? Ce cas est totalement incompréhensible » — ont été reçus avec gratitude. Sans cela, je n'aurais pas eu l'idée de vous présenter cet outil unique plus en détail.
Cet outil permet de porter un regard nouveau sur le processus des exercices d'intervention en cas d'urgence.
Aujourd'hui, j'écris cet article pour ceux qui ont assisté au webinaire et qui ont encore des questions, ainsi que pour ceux qui n'ont pas pu y participer. Je vais essayer de dévoiler le potentiel de cet outil, dont l'objectif principal est d'aider les employés à prendre des décisions sous l'effet du stress.
Depuis le début
L'entreprise Norilsk Nickel possède une vaste expérience dans la formation de ses employés.
L'entreprise dispose de sa propre « Université d'entreprise », d'un « Institut des formateurs internes », et utilise des simulateurs 7D pour la formation des conducteurs d'engins miniers (LHD), des technologies de réalité virtuelle (VR), un centre de formation souterrain et l'un des plus grands centres de formation en surface !
Tout est lié
Et bien sûr, les méthodes de formation de pointe incluent la mise en pratique des procédures, car :
« La théorie sans la pratique est morte, la pratique sans la théorie est aveugle », comme le disait Alexandre Vassilievitch Souvorov.
L'accident
Tout a commencé par l'enquête sur les incidents survenus au sein de l'entreprise.
À ce moment-là, une évidence est apparue : les employés sont formés, les consignes de sécurité sont assimilées et les compétences pratiques sont exercées. Nous privilégions une approche proactive et, bien entendu, nous nous efforçons d'évaluer tous les risques. Pourtant, un événement se produit et, à première vue, il aurait dû se dérouler autrement : l'employé aurait dû se sauver en utilisant l'infrastructure spécialement conçue à cet effet... mais il est passé à côté. En conséquence, il n'a pas pu être sauvé.
La panique ?
Oui, bien sûr, le plus simple est d'invoquer la panique. Mais l'analyse des actions a montré que l'employé suivait une certaine logique et tentait de se sauver. La question se pose alors : qu'est-ce qui a manqué ?
La réponse est évidente : il a manqué le réflexe moteur, ce mouvement que le corps a déjà mémorisé par la pratique.
Prenons l'exemple de votre propre appartement. Il fait nuit noire. Vous marchez dans le couloir et, pour ne réveiller personne, vous n'allumez pas la lumière.
Pourquoi ne vous cognez-vous pas la tête contre chaque mur ou chaque coin ? C'est exact : vous savez parfaitement comment vous déplacer.
Les statistiques
Ici, c'est très simple : une centaine d'incidents, des dizaines de morts, des milliards de dommages. Ces conclusions peuvent être tirées de 20 accidents majeurs survenus dans des entreprises russes au cours des 10 dernières années.
Selon les rapports de sources ouvertes, dans 9 enquêtes sur 10, la conclusion est qu'il est possible de minimiser les dommages et de réduire le nombre de victimes, mais pour cela, les employés doivent :
savoir comment agir correctement ;
disposer d'instructions claires ;
être préparés à passer à l'action.
La voie de la simple conformité légale
Oui, l'entraînement est une étape cruciale dans la préparation du personnel. Et selon la loi fédérale 116-FZ (art. 10, partie 1), les sites industriels à hauts risques doivent « former les employés aux actions à entreprendre en cas d'accident ou d'incident ». Cependant, le terme « formation » peut être interprété de différentes manières : par exemple, une formation théorique lors de cours, de séminaires et d'autres sessions en salle. Ou bien une formation pratique via des exercices, des alertes et des entraînements. Pour une raison quelconque, la réglementation accorde peu d'attention à cette dernière option, bien que tout le monde reconnaisse son utilité.
Nous devons donc former les employés, roder les procédures et nous assurer que tout et tout le monde est prêt. Généralement, ces éléments figurent justement dans les documents, par exemple dans le Plan d'Opération Interne (POI).
Un planning annuel, la notification des employés, la désignation d'un responsable, les conclusions d'une commission, les mesures de suivi, l'inscription dans un registre, un rapport. Souvent, les services d'urgence sont également impliqués pour que tout se déroule exactement « comme dans la réalité ».
Pourtant, cela reste souvent un « jeu de laboratoire ». C'est un peu comme un bel exercice d'évacuation en cas d'incendie : quiconque s'est déjà trouvé à l'intérieur d'un bâtiment en feu comprendra de quoi je parle.
Que faire alors ?
S'entraîner directement pendant le travail, sur les postes de travail.
C'est précisément là que notre entreprise fait un pas vers une approche proactive et va de l'avant pour préserver la vie et la santé humaines, plutôt que de se contenter d'une conformité minimale aux exigences légales.
Les « formateurs » entrent en scène
Le formateur interne est un accompagnateur, la personne qui, aussi bien en salle de classe qu'à côté d'un char (pardon, d'une machine-outil), peut aider à résoudre les problèmes liés à la sécurité HSE.
L'outil dont nous parlons a été développé et mis en œuvre par des formateurs internes, mais dans d'autres entreprises, il pourrait s'agir de n'importe quel spécialiste motivé. Il s'agit simplement de régler les détails de l'autorisation d'accès aux postes de travail.
Je pense qu'un spécialiste HSE peut tout à fait jouer ce rôle, car dans la plupart des cas, cette personne visite déjà les postes de travail.
15 minutes
Le programme de l'« Atelier DOR » a été conçu en tenant compte du processus de production, où l'interruption du travail de l'employé ne peut être que de courte durée.
Important : instaurer un dialogue d'égal à égal, savoir donner des retours constructifs, se préparer (connaître les algorithmes, les équipements, les exigences, les procédures).
L'« Atelier DOR » se déroule individuellement. Pour pouvoir mesurer les résultats, il est nécessaire de se rencontrer au moins deux fois.
Pour chaque métier, un scénario est rédigé afin de s'exercer aux procédures en cas de situation d'urgence.
Les résultats sont consignés dans une checklist après l'« Atelier DOR ». Les points sont élaborés en tenant compte des contraintes de temps et des spécificités du métier.
Ce que nous avons déjà observé :
Il y a eu des cas où un employé n'a pas réussi à retirer seul un extincteur portatif de son support sur la machine.
Diverses erreurs ont été commises lors de l'activation de l'autosauveteur isolant OSR.
Impossible de trouver le garrot dans la trousse de premiers secours.
Ils ne voyaient pas immédiatement où se trouvait le marteau brise-vitre pour évacuer.
Tentative de saisir à mains nues une surface supposée brûlante.
Il n'est pas si facile de trouver un endroit pour se rincer si quelque chose pénètre dans les yeux.
C'est banal, mais c'est un fait : lors de l'« Atelier DOR », j'ai reçu des retours de personnes ayant suivi toutes les formations possibles, y compris des formations pratiques dans le cadre d'autres programmes :
« J'ai toujours pensé être prêt, mais en réalité, c'est plus difficile. Il faut s'entraîner davantage. »
« C'est seulement maintenant que je réalise que l'on n'a pas autant de temps qu'il n'y paraît. »
« Des erreurs de débutant. J'ai pris conscience que cela pouvait coûter la vie. »
L'effet attendu
D'après les données déjà recueillies, l'« Atelier DOR » met en lumière des problèmes sur le terrain qui ne sont pas détectés lors d'un exercice préparé. Par exemple :
L'extincteur bougeait, alors le collègue de l'équipe précédente a décidé de l'attacher avec du fil de fer.
Il a fallu ouvrir la trousse de secours en la tenant dans les mains. Il n'y a pas d'endroit propre, on cherche le garrot et on perd de précieuses minutes.
À quoi sert la jugulaire ? Je me penche vers la victime et mon casque tombe.
On pourrait penser qu'après avoir dispensé la formation, toutes les consignes de sécurité possibles, l'exercice semestriel du plan d'opération interne, et envoyé les employés s'entraîner à l'utilisation des EPI, tout le monde est prêt.
Mais le processus se révèle sous un autre angle lorsque l'on se rend sur le poste de travail d'une personne qui effectue ses tâches quotidiennes et habituelles.
L'effet le plus important de l'« Atelier DOR » est d'instaurer un dialogue honnête et ouvert. Il s'agit de préparer l'humain, et non un document !